L’édito en images | Pays inondé, printemps pourri, planète qui se réchauffe

Photo Solidaire, han Soete
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Tafta : l’Union européenne préfère le commerce au climat MAXIME COMBES ET AMÉLIE CANONNE 13/07/2016 En dépit de la crise politique qui bouleverse l’Union européenne (UE) depuis le référendum britannique du 23 juin, les négociations du Tafta, l’accord de libre-échange en discussion entre l’UE et les Etats-Unis, se poursuivent cette semaine à Bruxelles. La Commission entend bien aboutir à un accord fin 2016 et cherche à s’en donner les moyens : elle a présenté une série de nouvelles propositions, dont un volet sur l’énergie et les matières premières, fuité lundi 11 juillet dans plusieurs pays d’Europe (le document est disponible ici). L’UE se dit préoccupée par sa sécurité énergétique depuis le milieu des années 2000. Elle importe 53 % de l’énergie consommée sur le territoire européen, ce qui en fait le premier importateur d’énergie au monde. Une perspective qui devrait s’aggraver dans les années à venir en raison de l’épuisement progressif des ressources domestiques conventionnelles (gaz et pétrole de Mer du Nord, gaz du Danemark et des Pays-Bas, etc.). Plusieurs pays d’Europe de l’Est et de la région baltique souhaitent également trouver des sources d’approvisionnement alternatives au gaz russe pour échapper à la dépendance et aux pressions de Moscou. La Russie fournit en effet plus de 40 % du gaz consommé dans les pays de l’UE et la moitié de ce gaz transite par l’Ukraine. Cela suffit pour inquiéter l’UE, dont la Commission pense qu’elle renforcera sa sécurité énergétique en accroissant « sa capacité à peser sur les marchés mondiaux de l’énergie », notamment « grâce à l’inclusion de dispositions relatives à l’énergie dans les accords commerciaux avec ses partenaires »1. L’inclusion d’un chapitre « Énergie et matières premières » au traité transatlantique s’inscrit dans ce contexte, et vise tout particulièrement la libéralisation de l’accès au gaz américain, dont la production a connu un essor historique avec la “révolution” des gaz de schistes. S’il devait être accepté par les Etats-Unis, un tel chapitre réduirait à néant les velléités d’interdiction de l’importation des gaz de schiste récemment évoquée par Ségolène Royal. Au contraire, il encouragerait l’exploitation et le commerce transatlantique des énergiques fossiles, tout particulièrement les ressources non conventionnelles, sans considération des implications écologiques (pollutions hydriques et atmosphériques, surconsommation d’eau, etc.). En contradiction avec la COP 21 Cette incitation entre en contradiction avec les engagements pris lors de la COP21 et consignés dans l’Accord de Paris, qui nécessitent une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre responsables des dérèglements climatiques : contenir le réchauffement climatique en deçà de 2 °C implique, selon les études, de geler deux tiers à quatre cinquièmes des réserves prouvées d’énergies fossiles existantes. L’argument selon lequel le gaz pourrait être une énergie de transition vers des économies « décarbonées » est d’ailleurs aujourd’hui doublement mis à mal : le pouvoir de réchauffement du méthane a été réévalué très à la hausse par le dernier rapport du Giec et la prise en compte des émissions fugitives tout au long du cycle d’exploitation du gaz de schiste le rend presque aussi émetteur que le charbon (voir l’analyse de Benjamin Dessus). Par ailleurs, le développement massif de l’exploitation et du commerce international des hydrocarbures de schiste nécessite des investissements massifs qui verrouilleront la dépendance aux énergies fossiles des systèmes énergétiques pour de trop longues années au regard de l’urgence climatique. Autres dangers Les dangers des propositions de la Commission européenne ne s’arrêtent pas là. L’application d’un tel texte remettra également en cause un certain nombre de dispositifs de soutien à la production d’énergies propres, tels que les engagements nationaux de rachat d’électricité verte, ou encore la discrimination positive en faveur des producteurs locaux ou communautaires d’énergies renouvelables. Il légitimera également la préférence progressive aux dispositifs d’auto-réglementation des entreprises dans le domaine de l’efficacité énergétique et des matières premières : adieu les audits énergétiques imposés aux entreprises et au bâti, les mécanismes obligatoires d’étiquetage, ou encore l’interdiction formelle de commercialiser des appareils trop énergivores. Enfin, le texte ne propose aucun mécanisme de sauvegarde ou de protection du climat et de l’environnement qui permettrait aux signataires du Tafta de faire-valoir l’impératif écologique et climatique pour s’abstraire des règles contraignantes de libéralisation du secteur. Au contraire le mécanisme de règlement des différends Investisseur-Etat risque de s’appliquer à toutes les dispositions incluses dans ce texte. L’enjeu est de taille : les poursuites déclenchées par des multinationales dans des affaires liées à l’énergie et à l’extraction minière représentent près du tiers du total des plaintes en arbitrage déposées auprès du Centre international de règlement des différends liés à l’investissement. Double croyance La Commission européenne et les Etats-membres justifient leur approche par une double croyance, forgée à l’OCDE. D’une part, la libéralisation du commerce des biens et des services énergétiques (incitation à la compétitivité, suppression des droits de douane, assouplissement des contraintes réglementaires, convergence des standards…) profiterait à l’environnement en réduisant les coûts et l’accès aux technologies vertes. D’autre part, la protection de l’environnement et du climat susciterait l’innovation, qui stimule la compétitivité. Au nom de cette croyance, une vingtaine de pays sont d’ailleurs engagés, par-delà le Tafta, dans la négociation plurilatérale d’un accord « sur les biens et services environnementaux ». Pourtant, cette approche, qui sert de matrice conceptuelle à la Commission européenne et aux Etats-membres de l’UE, se révèle infondée sur le plan théorique et invalidée par les faits (voir cette précédente tribune dans AlterEcoPlus) François Hollande, qui avait déclaré lors de la dernière conférence environnementale qu’il serait « très vigilant pour que les accords commerciaux ne remettent pas en cause, de manière subreptice, les avancées qui ont été décidées lors de la COP21 », dispose donc d’une occasion unique, s’il se décidait à mettre fin aux négociations du Tafta au nom de l’impératif climatique, pour proposer de rénover les règles du commerce international à l’aune des objectifs fixés par l’Accord de Paris. Pour que « la révolution climatique » promise lors de la COP21 ne reste pas qu’un mot. Pour aller plus loin : notre analyse complète du document fuité est disponible ici. Amélie Canonne, présidente de l’Aitec. Maxime Combes, économiste et membre d’Attac France. 1. Citations tirées du Paquet « Union de l’énergie », Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen, au comité des régions et à la Banque européenne d’investissement (COM2015), Cadre stratégique pour une Union de l’énergie résiliente, dotée d’une politique clairvoyante en matière de changement climatique, 25 février 2015 http://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:1bd46c90-bdd4-11e4-bbe1-01aa75ed71a1.0003.03/DOC_1&format=PDF

Après avoir récemment tenté à plusieurs reprises de faire tomber le président vénézuélien Nicolas Maduro, le président américain Donald Trump a accentué la pression le lundi 5 août, en annonçant un embargo contre le Venezuela. Une mesure qui met encore plus le couteau sous la gorge de la population vénézuélienne.

Ce lundi 5 août, le Parlement indien a voté la révocation de l’autonomie de l’État du Jammu-et-Cachemire (la partie indienne de la région du Cachemire), au nord de l’Inde. Cet État est depuis sous le contrôle direct et autoritaire du gouvernement indien, dirigé par le parti nationaliste hindou BJP. Avec un nationalisme renforcé en Inde et au Pakistan et des islamistes fondamentalistes au Cachemire, la situation risque de dégénérer en un conflit local et international.

A quelques jours de ses 100 ans, l’ancien résistant et militant du PTB Charles Van Besien s’est éteint. Celui qui a participé à la libération de Bruxelles en septembre 1944 aura lutté durant quasiment un siècle. Portrait.

Stan Vanhulle, pilier de la lutte à Renault Vilvorde, du PTB mais aussi de ManiFiesta, sa famille et sa Roos, n’est plus. Après 2 ans et demi, le lundi 5 août, il a perdu le combat contre le cancer. « Stan a été l’un des moteurs de la bataille pour sauver l’usine Renault. Ceux qui se battent peuvent perdre, mais ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu. Ça, c’était Stan », écrit l’un de ses amis.

La banque HSBC, connue pour diverses magouilles (blanchiment d’argent, recours aux paradis fiscaux, etc.), vient de payer près de 300 millions d’euros à l’État belge pour échapper à un procès. Bonne nouvelle pour la justice ou nouvel exemple d’amnistie pour les plus puissants ?

En septembre, ce sera la dixième édition de ManiFiesta, la Fête de la Solidarité. Le festival, organisé par Solidaire et Médecine pour le Peuple, est né en 2010, en pleine crise politique sur fond de montée du nationalisme. Près de dix ans plus tard, ManiFiesta s’annonce toujours comme un moment de solidarité et de combat contre l'extrême droite et la division. Rencontre avec le directeur de ManiFiesta, Mario Franssen.

Aujourd’hui, cela fait 20 ans exactement que les corps de Yaguine et Fodé, deux Guinéens de 14 et 15 ans, ont été retrouvés dans un avion de la Sabena à Zaventem. Un drame qui fut pour beaucoup de citoyens belges un déclencheur d’engagement pour plus de solidarité internationale...

Il y a 20 ans, deux adolescents venus de Guinée étaient retrouvés morts suite à leur tentative de quitter leur pays pour un avenir qu'ils espéraient meilleur en Belgique. Une délégation de l'association Amitiés sans frontières s'est rendue en Guinée, sur les traces de Yaguine et Fodé.

Ces dernières semaines, de nombreuses personnes ressortent le triangle rouge pour marquer leur opposition à l’extrême droite. Ce symbole est celui de l’antifascisme depuis que les nazis l’ont utilisé pour « marquer » les prisonniers politiques dans leurs camps. Mais son origine est plus ancienne…

Il y a quatre ans, près de Marseille, les salariés d’un site de fabrication de thé luttent contre le propriétaire, le géant Unilever, qui veut fermer l’usine. Au terme des 1336 jours d’occupation des locaux, les travailleurs rachètent les machines et créent leur propre marque, « 1336 ». Petite visite dans le sud de la France.